LA FAMILLE MAISONNEUVE EN NOUVELLE-FRANCE
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Nouvelle-France > François Maisonneuve, constructeur de moulins


St-Eustache

François est le fils de Jean-François MAISONNEUVE et de Marie TOURNOIS et petit-fils de l'ancêtre Pierre MAISONNEUVE et de Anne GRENIER. Tout comme son père l'a été, il est capitaine des milices de l'Île Jésus.

Au moment où Eustache-Louis LAMBERT-DUMONT hérite de la seigneurie des Mille-Îles, il n'existe ni manoir, ni moulin à farine sur le territoire. Un premier geste seigneurial avait bien été posé par son père en concédant des terres, mais il fallait plus que cela pour intéresser les colons éventuels à s'établir en grand nombre dans la seigneurie des Mille-Îles.

Eustache-Louis devient majeur (25 ans révolus) en 1761 et malgré la tutelle de son beau-frère, il passe un marché de construction avec François MAISONNEUVE, fils, capitaine des milices de l'Île Jésus, «d'un moulin à eaux fesant de bled farine sur la petite rivière du chesne (sic)».Le bâtiment de pierre doit avoir «trente-cinq pieds ou environ de long sur trente pieds de large, de hauteur suffisante, une digue de quatre pieds d'épaisseur et de hauteur aussi suffisante...». Le constructeur s'engage à fournir et à installer tous les mécanismes permettant le fonctionnement du moulin à farine et même, le cas échéant, ces mécanismes doivent suffire pour une deuxième moulange. En réalité, le moulin sera de 30 pieds sur 55 pieds et il aura trois moulanges. DUMONT veut tout prévoir.

 ''Il voit grand et il met à profit l'ingéniosité de son constructeur, le sieur MAISONNEUVE.
Au même contrat, il prévoit, pour l'année suivante, la construction d'un «moulin à scie en bois
de vingt pieds sur trente fesant planche et madrié auquel moulin il y aura deux scie (sic),»''

Dans les faits, le moulin à scie n'aura qu'une seule scie. Le moulin à farine et le moulin à scie sont situés l'un sur la rive Nord, l'autre sur la rive Sud de la rivière du Chêne. Chose curieuse, durant l'existence des deux moulins, ils ont utilisé le même barrage sur larivière du Chêne pour générer leur énergie. Désormais, les colons n'ont plus à se rendre au moulin du Crochet sur l'Île Jésus pour y faire moudre leurs grains et y faire scier leur bois. Les moulins de la rivière du Chêne ont pris la relève au grand plaisir de leurs usagers.

Durant les années qui suivent, DUMONT harnache le pouvoir d'eau aux rapides de la rivière des Mille-Îles. Il y construit plusieurs moulins: à farine, à scier, à carder et à fouler. Le fort débit d'eau que l'on y trouve favorise l'implantation de ces diverses activités. Théoriquement, ces moulins doivent générer des revenus très importants. Cependant, l'endettement énorme des seigneurs anéantit tout espoir d'aisance matérielle. À titre d'exemple, pour défrayer les coûts de construction du Petit-Moulin sur la rivière du Chêne, DUMONT consent un bail de trente ans au sieur MAISONNEUVE.

En 1770, le seigneur Eustache-Louis LAMBERT-DUMONT, par l'intermédiaire de son homme d'affaires, le sieur François MAISONNEUVE, donne «à l'église proposée de fabrique des Mille-Îles»(sic) un terrain pour y construire une église, un presbytère et un cimetière. Outre le terrain, le seigneur donne aussi la pierre d'une vieille maison qui s'y trouve et qui a servi de principal manoir jusqu'à cette date.

Source : Texte de Claude-Henri Grignon sur Eustache-Louis Lambert-Dumont