LA FAMILLE MAISONNEUVE EN NOUVELLE-FRANCE
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Nouvelle-France > Pierre Maisonneuve en Nouvelle-France


Compagnies franches de la Marine

En 1685, les miliciens canadiens, malgré leur efficacité, ne peuvent pas répondre à tous les besoins militaires de la colonie. Les autorités françaises décident donc d'envoyer ici en permanence 28 compagnies d'un détachement des Troupes de la Marine. On les nomme communément Compagnies franches de la Marine. Ces troupes avaient été créées en 1674 par le département de la Marine afin de défendre les navires et les colonies françaises. La solde de ces soldats provient de la Marine. Chaque compagnie est indépendante. La direction des différentes compagnies incombe au gouverneur général de la Nouvelle-France. Chaque capitaine recrute 50 soldats français qui s'engagent pour une période de six ans. Après ce temps, les soldats peuvent retourner en France ou demeurer dans le pays.

Les candidats recherchés sont des hommes âgés d'au moins 16 ans et mesurant 5 pieds 5 pouces. Ils proviennent en règle générale du nord de la France et des provinces côtières. Leurs rations quotidiennes se composent d'une livre et demie de pain, d'un quart de livre de lard et d'autant de pois séchés. Les jours de jeûne et d'abstinence, le poisson et les légumes remplacent le lard. Une fois par mois, on leur donne une livre de tabac. Les soldats reçoivent du Roi un nouvel uniforme tous les deux ans; par temps frais, ils portent une cape de drap gris-blanc et l'hiver, des mocassins et même certaines pièces de vêtements amérindiens mieux adaptés aux conditions hivernales du Canada.

En tenant compte de la rotation régulière des compagnies franches, on peut estimer à 300 le nombre de recrues qui arrivent chaque année dans la colonie. Les autorités vont faire tout ce qu'elles peuvent pour les retenir après 6 années de service. Comme il n'y avait pas de baraques pour les militaires avant 1750, les soldats étaient logés chez les habitants qui devaient pour une certaine somme s'occuper de leurs invités. Les longs hivers canadiens forcent les soldats à passer de longues heures près du feu à causer avec les jolies canadiennes. Aussi, n'est-il pas surprenant de voir le nombre élevé de mariages de soldats des Compagnies franches de la Marine avec des filles d'habitants canadiens. De 1685 à 1754, environ 21 000 militaires français sont venus en Nouvelle-France. Si on évalue à 2 500, le nombre de nouveaux patronymes dans la colonie, un soldat sur 8 aurait laissé un patronyme en Nouvelle-France.


Uniforme du soldat

Soldat de La Compagnie de M. des BERGÈRES

L'ancêtre Pierre MAISONNEUVE est arrivé en Nouvelle-France comme soldat d'une de ces Compagnies franches de la Marine, la Compagnie de M. des BERGÈRES. Les compagnies franches ne sont pas désignées par un numéro, mais par le nom de leur commandant. Elles portent l'appellation ‘'de la Marine'' parce qu'elles sont sous l'autorité du ministère de la Marine, responsable des colonies et de la défense de celles-ci. Le terme ‘'franche'' signifie qu'elles sont indépendantes les unes des autres, contrairement à celles de l'armée régulière qui appartiennent à un régiment.

Lors du siège de Québec en 1690 par les troupes britanniques menées par Sir William PHIPS et auquel FRONTENAC répondit à son envoyé "La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets.", le soldat Pierre MAISONNEUVE était déjà présent en Nouvelle-France. Il avait alors environ 22 ans.

Soldat des Compagnies franches de la Marine du Canada, vers 1690
Aquarelle: Michel Pétard, Parcs Canada


Ce simple soldat porte un habit gris-blanc doublé et parementé de bleu, la couleur distinctive des troupes de la Marine. À cette époque, l'habit compte environ cinq douzaines de boutons en laiton. Le chapeau de feutre noir est bordé d'un galon «d'or faux», un mélange de fil de laiton et de fil jaune. Il est armé d'un fusil, d'une baïonnette et d'une épée.

Ces tenues et ces armes sont portées dans les villes et les forts. Les militaires participant aux expéditions lointaines portent des vêtements différents, et tous ont alors des armes à feu et des hachettes.

Huit ans plus tard, à Montréal, le 11 novembre 1698, Pierre MAISONNEUVE se déclare encore soldat lors du mariage de Pierre AMAND JOLICOEUR avec Catherine GRENIER, la soeur de Anne GRENIER qu'il allait épouser quelques jours plus tard. Étaient présents à ce mariage, outre les époux :

Jean FERRE, Habitant;
Pierre MAISONNEUVE, soldat de la Compagnie de M. des Bergères;
Jean Baptiste Yvan LAFONTAINE, sergent de la Compagnie de M. des Bergères;
Antoine ADHÉMAR, Notaire royal et Greffier.
Le mariage a été célébré par le curé R C DEBRESLAY, résidant à Montréal.

À peine une semaine plus tard, à Montréal, le 17 novembre 1698, ce même curé allait célébrer le mariage de Pierre MAISONNEUVE et de Anne GRENIER. Soldat de la Compagnie de M. des Bergères, originaire de Notre-Dame-de-Bonsecours, Évêché d'Agen. Pierre a 30 ans et déclare ne pas savoir signer lorsqu'il épouse Anne âgée de 21 ans, résidente de Montréal et originaire de St-Joseph, Sorel.  Anne déclare savoir signer. Étaient présents à leur mariage :

Jean MAISONNEUVE, soldat de la Compagnie de M. de Noyan et cousin de Pierre;
Jean ROZIER, soldat de la Compagnie de M. des Bergères;
Pierre AMAND, le beau-frère de Anne;
Pierre CHANTEREAU, bedeau.



Pierre Maisonneuve Habitant

Ce n'est qu'au baptême de son fils aîné, Jean Baptiste MAISONNEUVE, le 9 septembre 1699 à Montréal, que Pierre MAISONNEUVE se déclare habitant. Il aura donc consacré à l'armée plus que les six années de service habituelles. Il était courant à l'époque qu'un soldat qui avait terminé son engagement offre ensuite ses services de soldat à contrat pour des périodes plus ou moins longues.

De son premier mariage en 1698 jusqu'à son décès en 1740, les différents actes consultés nous indiquent que Pierre MAISONNEUVE déclare résider à Montréal puis à Lachenaie ensuite à St-François-de-Sales (Île Jésus), à Mille-Îles et finalement à St-Louis-de-Terrebonne.

Pierre MAISONNEUVE réside à Montréal à partir du moment de son mariage jusque vers le 4 septembre 1704 où il déclare résider à Lachenaie lors du baptême de sa fille Marie Catherine MAISONNEUVE. Le couple Pierre MAISONNEUVE et Anne GRENIER durera un peu plus de 16 ans jusqu'au décès de celle-ci à l'âge de 39 ans le 22 janvier 1716. Ils résident à St-François-de-Sales (Île Jésus) à ce moment.

Pierre a maintenant environ 48 ans lorsqu'il se remarie six mois plus tard à St-François-de-Sales (Île Jésus). Le 2 août 1716, il épouse Marie LAMOTHE âgée de 25 ans, fille d'Elie François LAMOTHE et de Geneviève LEVERT. Pour Marie, c'est également un deuxième mariage. Elle avait épousé en premières noces Marin TIBI (THIBI) le 20 avril 1705.

Marie LAMOTHE décède à l'âge de 39 ans, sépulture à Terrebonne le 27 octobre 1729. Pierre se retrouve à nouveau veuf à l'âge d'environ 61 ans. Nous ne lui connaissons pas d'autre mariage.

Pierre MAISONNEUVE décède à l'âge de 72 ans le 21 mars 1740, sépulture à Terrebonne. Étaient présents; Lepage, Seigneur de la paroisse; Pierre Limoges; Nicolas Albert Couturier, prêtre missionnaire de la paroisse.

Le premier MAISONNEUVE à s'installer au pays, Pierre laisse une descendance que l'on retrouvera principalement dans les paroisses de l'Île Jésus, Terrebonne, Mille-Îles, Deux Montagnes et de l'Île de Montréal.